100 km Ultra-Trail Sayam
Le témoignage d’Antoine Dupuis
J’ai participé à la première édition de l’Ultra-Trail Sayam… et j’ai gagné.
Deux semaines avant l’événement, Miguel m’a invité. C’était une invitation que je ne pouvais pas refuser. Il m’a dit : « Antoine, je t’offre l’inscription et je t’invite au Domaine Sayam. » J’avais même le chalet fourni.
En arrivant la veille de la course, on sent que c’est une première édition, mais que tout le monde est vraiment content d’être là. Pour un premier événement, on a été vraiment gâtés : tee-shirt, hoodie, deux casquettes, une ceinture à dossard… c’était solide.
On prend le départ en plein bois. Tout mon matériel obligatoire était bien rangé dans mon sac pour être le plus confortable possible, donc je n’avais pas ma lampe frontale sur la tête. Je pars avec Jacob et Justin, je les suis au début.
Mais moi, j’avais un plan : gagner.
Je m’étais dit qu’au premier ravitaillement, je devais avoir 30 minutes d’avance sur le deuxième. Autour du 5e kilomètre, j’ai décroché Jacob et Justin. À cet endroit-là, c’est probablement le plus beau du parcours : les éoliennes, les paysages… les photos étaient incroyables.
Lucas, le photographe, m’a suivi dans la montée des éoliennes. À un moment, il me dit que je cours vite. Ça m’a juste rendu heureux. Parce que oui, je courais vraiment vite.
Au premier ravito, tout était prêt. Je me suis servi en nutrition, j’ai rempli mes bouteilles. On était vraiment gâtés sur le parcours.
Dans les descentes, je gagnais du temps. J’avais réglé ma montre en miles pour ne pas me concentrer sur mon pace en kilomètres. Je voyais des 7 minutes du mile, je me disais que ça devait être rapide… et ça l’était.
Au deuxième ravito, qui était un aller-retour, je m’attendais à croiser le deuxième. Je ne l’ai pas vu. Je savais que j’avais au moins 35 à 45 minutes d’avance.
Le parcours devenait idéal pour moi : chemins forestiers, sections roulantes… exactement le terrain où je me suis entraîné toute ma vie. Je ne me posais aucune question. Je courais.
À 50 km, je courais encore.
À 60 km, je courais encore.
Les montées étaient dures, mais je savais que je mettais des minutes à mes poursuivants. Et toute la course, je me répétais : tu ne cours pas juste pour gagner. Tu cours pour le record du parcours. Tu veux que l’an prochain, ce soit difficile à battre.
Au 77e kilomètre arrive une grosse montée. Jusqu’à là, j’avais encore un très bon rythme. C’est aussi là qu’on me propose du saumon au ravito… je n’étais pas prêt à ça ! C’est probablement à ce moment que le rythme a un peu ralenti.
Côté nutrition, tout entrait parfaitement. Deux gels à l’heure, boissons énergétiques, Coke aux ravitos. En moyenne, j’ai consommé environ 110 grammes de glucides par heure. C’était essentiel pour soutenir l’effort que je faisais.
On arrive dans le secteur de Val-d’Irène, avec plusieurs allers-retours en montagne. Même à 90 km, je gagnais encore les descentes. J’étais fier de ça.
Vers la fin, je commence à être un peu mêlé. Je croise des gens, un chien, des encouragements… je réalise plus tard que c’étaient les mêmes personnes que j’avais croisées plus tôt !
Dernière montée du centre de ski. Les bénévoles sont incroyables. L’ambiance est incroyable. Ça me donne un boost énorme.
Dans la descente, je vais très vite. Je dépasse du monde. Quelqu’un m’encourage, je m’excuse de ne pas pouvoir parler, je suis “all out” jusqu’à la ligne.
La fin est le long de la route 132. Je suis tellement concentré sur l’arrivée que je traverse sans trop réfléchir. Une voiture freine sec. J’étais complètement dans ma bulle.
Et puis, j’arrive.
Première fois que je tiens une banderole d’arrivée dans mes mains. Ma copine est là. Miguel me félicite et me demande comment j’ai trouvé ça.
Je lui réponds que j’ai trouvé ça… simple.
C’était un parcours fait pour moi.
Je visais 12 heures.
Dans le meilleur des cas, 11 heures.
J’ai terminé en 10 h 20, avec une moyenne d’environ 6:05 du kilomètre.
Je suis vraiment fier de moi.
Merci à Miguel et à toute l’organisation pour l’invitation. C’était une opportunité incroyable.
Je ne sais pas si je serai de retour l’an prochain.
Mais une chose est sûre : le record du parcours ne sera pas facile à battre.
— Antoine Dupuis, vainqueur du 100 km
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